Ils sont là depuis l'aube, debout à 5h pour être en poste à 6h. Café dans la Portakabin de l'organisation, gilets fluorescents Securitas, walkie-talkies qui crépitent doucement.
PortraitN°01



Thomas, 23 ans, veille aux barrières d'accès avec cette politesse ferme qu'on apprend sur le tas : "Désolé monsieur,
c'est zone réglementée." Face aux arguments ("Mais enfin, je connais le directeur..."), il sourit et répète patiemment la consigne.
Sophie, 47 ans, connaît tous les circuits de France, du Grand Prix de Monaco aux rallyes de montagne. Aux paddocks du Mans, elle est devenue la mémoire vivante des lieux : "Les toilettes ? Derrière Porsche, puis à droite,
impossible de rater." Elle guide, rassure, dépanne. Entre deux rondes, elle ramasse machinalement ce qui traîne - gobelets, programmes froissés, mégots. Pas par obligation, par habitude.
Le marshal en gilet orange haute visibilité qui reçoit un appel radio. Dans deux minutes, il courra peut-être vers un incident grave - pilote coincé, début d'incendie.
Ou simplement vers un visiteur perdu sur le parking P3. Il ne sait jamais, c'est ça son métier : être prêt à tout.
Les chronos
s'affolent

Autour d'eux, les chronos s'affolent, les moteurs rugissent, la foule vibre. Ces hommes et femmes vendent leurs heures pour que le spectacle soit possible.

Ils sont les vrais gardiens du temple - pas les pilotes en combinaison, mais ceux qui permettent que tout fonctionne en silence, que personne ne se fasse mal, que la magie automobile opère sans accroc.
Ils repartiront ce soir un peu fatigués mais avec cette satisfaction discrète d'avoir fait leur travail. Demain, d'autres événements, d'autres circuits, la même vigilance patiente.



























